La ligne de partage des eaux, la fin du « en même temps » et le retour des blocs Est-Ouest

Depuis le dernier congrès de la FDAF du 19 mars à Paris qui portait sur « la grande vague » de Jupiter-Neptune en Poissons, je continue à cogiter sur ce cycle de nouvel élan utopique de 13 ans, qui intervient chaque fois dans un signe du zodiaque différent, comme pour le réveiller, et nous le révéler, et qui revient en Poissons, le signe de Neptune (et d’une moindre mesure de Jupiter), que tous les 164/165 ans, durée d’un cycle de Neptune.

La dernière fois qu’il se trouvait dans les Poissons, c’était en 1856, en pleine période romantique et d’expansion économique, industrielle et coloniale du long XIXe siècle, bercé par une utopie de croissance et de progrès infini, que nous devons en urgence reconsidérer en ce début du XXIe siècle, à l’heure de la prise de conscience que nous sommes dans un monde fini dont nous devons ménager et partager les ressources.

[NOTA] J’ai écrit cet article pour la Gazette de la FDAF du 1er mai 2022.

Le signe des Poissons et sa polarité dynamique

A la suite de Charles Vouga et Germaine Holley je considère que le signe des Poissons est sous la double maîtrise de Neptune et Pluton. C’est ce qu’avance également Alice A. Bailey en considérant que le premier maître des Poisons, de nature exotérique, cad concernant un niveau de conscience de personnalité, est Neptune dégageant un idéalisme invétéré et non éclairé mais tenant lieu d’aspiration légitime, tandis que le deuxième maître, de nature ésotérique, cad concernant un niveau de conscience d’âme est Pluton. De même que Pluton est le maître hiérarchique des Poissons, cad qu’il en donne l’Esprit, la perspective. Or Pluton détruit toute forme qui n’est plus conforme à l’Esprit, à l’essence, pour le recycler dans les Poissons justement.

Ces deux planètes mettent en mouvement dans les Poissons, signe du Milieu du Ciel de la croix mutable, une polarité dynamique qui anime la matérialisation de la Vie sous toutes ses formes différenciées et, en même temps, soutient une tension évolutive qui fait que la Vie ne se fige jamais dans une forme déterminée mais se renouvelle indéfiniment dans des formes diversifiées et de plus en plus évoluées. Les Poissons marquent de ce fait l’apothéose d’une évolution et sa fin, la fin d’un cycle et le recyclage dans un autre cycle qui va redémarrer en quelque sorte dans le Bélier. Pour le comprendre, notons que le père de la Théorie de l’évolution, Darwin, est né le 12 février 1809 avec un Pluton dans les Poissons, conjoint Jupiter (un cycle Pluton-Jupiter vient de se former), au carré avant d’un Neptune-Saturne à l’Ascendant en Sagittaire[1]. Il a publié sa théorie justement dans  l’Origine des espèces en 1859, avec un Neptune dans les Poissons et peu après le renouvellement d’un cycle Jupiter-Neptune en Poissons !

Les Poissons représentent la verticale de la croix mutable, avec l’aspect Matière ou forme en bas en pôle « Moins », et l’aspect Energie en haut en pôle « Plus », sachant que selon la formule d’Héléna P. Blavatsky, « la Matière est de l’Energie à son taux vibratoire le plus bas et l’Energie est de la Matière à son taux vibratoire le plus haut », les deux se positionnant dans un continuum Esprit/Matière. Le signe des Poissons est la subsomption de tous les signes du zodiaque, d’un côté il les inclut tous dans sa dynamique inclusive et unifiante (fonction de Neptune), lorsque l’être est de retour à la maison après avoir fait ses travaux d’Hercule, mais de l’autre côté il multiplie les formes pour les lancer dans des cycles différenciés d’existence (fonction de Pluton). Signe du « Un » et du « Multiple », de l’unité et de la séparation, le signe des Poissons travaille à tous ces niveaux-là.

 

Cette double maîtrise révèle la dualité du signe des Poissons, qui réunit deux polarités, et qui est le signe du début comme de la fin : les deux coupes opposées représentant aussi bien la fin d’un cycle accompli que le départ dans un nouveau cycle, vers le Bélier.

Dans les Poissons on fait le bilan de ce qui a été accompli et de ce qu’il reste à faire. On fait le tri entre la graine et l’ivraie… pour repartir dans un nouveau cycle avec une bonne graine prête à germer.

[1] Voir Astrologie Science de la Conscience, les grands cycles de civilisation, éditions Amalthée, juin 2022, dans « Les « ensemenceurs » du cycle 6 débuté en 1892».

Une repolarisation nécessaire : La France en laboratoire

La France est une nation à l’âme Poissons[1] animée par une dynamique polaire qui se manifeste notamment dans une polarisation extrême de sa vie politique. Au plus haut que l’on remonte dans son histoire, on trouve toujours deux France qui s’opposent : de celle des Gaulois qui s’allient aux Romains à celle de Vercingétorix qui les combat, jusqu’aux deux France de la Deuxième Guerre mondiale, celle de la collaboration et celle de la Résistance, en passant par les deux France royaliste et républicaine qui se sont longuement opposées durant plus d’un siècle après la Révolution… pour donner le meilleur dans les institutions de la Troisième République. La personnalité « Lion » de la France a jusqu’ici toujours permis d’unifier par une personnalisation et une centralisation extrême du pouvoir, que ce soit à travers un roi, un courant ou un parti républicain (les Jacobins, les communistes), un général puis son neveu qui se couronnent empereurs, jusqu’à une Cinquième République taillée à la mesure de la haute stature d’un de Gaulle de la France Libre que ses successeurs peinent à revêtir.

Jusqu’à la fin du XXe siècle, avec la chute du mur de Berlin en 1989, l’effondrement de l’ex URSS[2] en 1991, puis la création de l’Union européenne en 1993, la polarisation dynamique et créative de la politique française en deux blocs « Gauche/Droite » s’est maintenue, mais elle a fondu avec la fin supposée de l’histoire, la fin des deux blocs Est-ouest, et l’imposition des critères européens dont même la crise grecque et la paupérisation du Sud méditerranéen n’a pas réussi à montrer l’inanité. Un président français, qui s’était fait élire sur une déclaration fracassante selon laquelle « son ennemi était la finance », a non seulement lâché les Grecs[3] mais aussi les siens, à savoir ceux qui l’ont élu, pour suivre un certain conseiller Emmanuel Macron sur sa dérive libérale.

Comme les Français préfèrent en général « l’original à la copie » (encore un effet de la polarisation des Poissons et de la recherche de figure centrale du Lion), on retrouve naturellement ce dernier élu aux élections présidentielles de 2017… Avec comme seul opposant une représentante de l’extrême droite, et de la famille Le Pen, qui semble être justement la seule et la dernière à s’opposer à la lente dissolution du pays dans la mondialisation qui n’est heureuse que pour les plus favorisés … Famille que l’on a vu apparaître sans encore bien en comprendre le sens en 2001, lorsqu’un si bon gestionnaire « de gauche » des critères de Maëstricht, Lionel Jospin, s’est vu éliminé du deuxième tour par Le Pen père !

A trop vouloir être « en même temps » atlantiste, libérale et européenne, la gauche française avait perdu sa boussole émancipatrice, et dérivait dangereusement vers le centre jusqu’à se faire avaler par le gros ventre mou du pays ! Le processus se termine en 2022 et la repolarisation est à l’œuvre à travers ce que l’on nomme les trois blocs : celui présidentiel au centre, et les deux blocs à droite et à gauche. Il apparait alors clairement aux électeurs déboussolés que l’on ne peut être « en même temps » et de droite et de gauche ! Qu’il y a un bloc central rassemblant les droites et les gauches qui se disent « raisonnables » mais sont surtout soucieuses de se maintenir au gouvernement, un bloc de droite formant un pôle essentiellement contestataire et un bloc de gauche avec un projet alternatif en cours d’unification autour d’un idéal social et écologique répondant aux urgences climatiques et environnementales.

Remarquons que les deux blocs de droite et de gauche se sont eux-mêmes recomposés à partir d’une polarisation extrême de leur camp qui leur a permis justement de se donner une direction visible et repérable par tous, et pas fongible dans le « en même temps ».

La France a retrouvé sa boussole, avec des extrêmes puissants, mais une véritable vision universaliste qui la traverse et qui concerne les autres peuples. Avec son âme Poissons, elle doit bien se dissoudre et se sacrifier, non pas dans la mondialisation, mais à travers un projet universaliste qu’elle a commencé à la Révolution en offrant au monde ce que Sri Aurobindo nomme « les trois idées sœurs : Liberté, Egalité, Fraternité » et qu’il considère comme la nouvelle religion de l’humanité. Il convient maintenant de la mettre véritablement en pratique !

 

[1] La Destinée de la France, essai sur une astrologie des civilisations, éditions Amalthée 2013.
[2] Voir l’article précédent : De L’effondrement de l’URSS à la guerre en Ukraine, quelle période vivons-nous ? 
[3] Voir le film édifiant de Costa-Gavras : « Y-a-t-il des adultes dans la salle ? ».

 

Un cycle de repolarisation et de fin de l’ère des Poissons ?

Tout à notre recherche d’unification, nous éprouvons de la difficulté à accepter la nécessaire polarisation qui est le support de toute la dynamique évolutive de la Vie. La science des cycles en astrologie nous le démontre, mais notre vision jusqu’alors linéaire et molle d’une évolution que l’on espèrerait réaliser en douceur et en paix, nous leurre.

La guerre en Ukraine nous le rappelle cruellement. On croyait être venus à bout des deux blocs Est-Ouest qui sont en train de se reconstituer, on pensait définitif en Occident le triomphe de la démocratie : nous avions tout simplement oublié que la démocratie ne se gère pas comme le commerce mondial, mais qu’elle est toujours en création et en renouvellement, et que cette évolution n’est jamais le fruit de consensus (qui ne fait que maintenir un statuquo) mais d’une tension créatrice que nous sommes capables de maintenir entre un idéal émancipateur et les forces entropiques.

Après l’économie et son mythe de la croissance, voici l’écologie et son utopie d’un monde plus juste et plus équitable. Pouvons-nous espérer de ce fait une ouverture vers l’astrologie, après le formidable bond de sa partie science qu’est l’astronomie ?

Il se pourrait bien que ce fameux cycle Neptune-Jupiter en Poissons soit là pour nous aider à construire une ligne de partage des eaux momentanée mais nécessaire à toute évolution !

 

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Fanchon Pradalier-Roy
Fanchon Pradalier-Roy

Le 30/04/2022.

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