De l’effondrement de l’URSS
à la guerre en Ukraine : Quelle période vivons-nous ?

Pour réfléchir à la crise actuelle en UKRAINE, il est nécessaire de comprendre la période que nous vivons au niveau des cycles, en ce début de XXIe siècle et particulièrement dans cette troisième décennie. 

Pluton dans le Capricorne 2008- 2023 : crise systémique

Pluton dans le Capricorne © touche le Milieu du Ciel du zodiaque et de la croix du monde.

La mondialisation de l’économie s’accompagne d’une dérégulation de plus en plus poussée de la finance qui aboutit en 2008 à la plus importante récession économique depuis 1929. Elle débute par ce que l’on a appelé la crise des « subprimes», avec les difficultés rencontrées par les ménages américains à faible revenu pour rembourser des crédits « toxiques » (à taux variable) qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement. Voilà bien une expression de l’entrée de Pluton dans le Capricorne : du désordre dans l’immobilier et plus de toit pour les familles (l’axe cardinal : Cancer/Capricorne) ! Le pire sera l’expulsion de nombreuses familles, alors que des quartiers entiers se dégradent dans la périphérie des villes américaines.

 

 

Bien entendu ces prêts toxiques ont commencé bien avant, lors du transit de Pluton dans le Sagittaire, où l’appât de profits juteux (Jupiter en excès) a fait dérailler le système. La finance devenue folle (un vieil adage astrologique affirme que « Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre) entre en crise et celle-ci touche les banques de la plupart des pays – sauf le Brésil, l’Inde et la Chine -qui ont participé à ce jeu de titrisation[1] en escomptant des plus-values mirifiques, sur le dos des ménages les plus modestes.

Cette récession est emblématique non seulement d’un emballement de la finance mais de tout un processus de dérégulation qui fait sauter les protections antérieures et déstabilise tout le système (le Capricorne) Après la crise du système financier vient celle de la gouvernance (encore le Capricorne) qui au lieu de venir au secours des populations en détresse, incapables de rembourser leurs dettes, s’est employé à sauver les banques à coup de milliards, comme l’Europe l’a fait à partir de 2011 dans la crise de la dette grecque. S’ensuit une défiance du politique et une déstabilisation de la démocratie.

Avec le Capricorne toutes les structures des trois domaines politique, social et économique sont touchées et, si elles ne semblent plus adaptées à leur fonction, on n’est pas encore capable d’en trouver ou d’en accepter de nouvelles, ce qui crée insatisfaction, inconfort, insécurité et renforce la défiance. On a l’impression de ne plus savoir ou pouvoir faire société. Les systèmes politiques sont en crise : la Ve République en France, L’Europe que des Etats-membres quittent ou défient (Brexit, Hongrie, Pologne), aux Etats-Unis insurrection et contestation des résultats des élections, des régimes autoritaires s’installent au Brésil, en Inde, etc. Ailleurs les états s’effondrent suite aux conflits : en Lybie, au Moyen-Orient, en Afrique, des bandes sèment la terreur et la désolation ; des pouvoirs totalitaires s’installent (Etat islamique, Talibans), alors que des nations qui jouent un rôle central de stabilité comme les Kurdes n’arrivent toujours pas à se constituer un Etat. Après la globalisation « l’émiettement du monde[2] » est en route. Les guerres mêmes ne sont plus conventionnelles et entraînent dans leur désastre les populations civiles. Ce qu’il se passe au Moyen-Orient n’est pas sans rappeler les incessantes et cruelles guerres de la Renaissance qui ont déstructuré l’Europe. Et, à la fin du transit de Pluton dans le Capricorne, juste avant qu’il n’entre dans le Verseau, le coup de tonnerre du retour de la guerre en Europe avec l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe de Vladimir Poutine qu’on n’avait pas vu venir.

Les inégalités se creusent, et tout ce qui a été édifié avec Pluton dans la Balance de 1971 à 1983 est progressivement questionné par les carrés avant de Pluton en Capricorne (entre 2008 et 2023), notamment le dogme du néolibéralisme qui s’est imposé mondialement depuis le dernier cycle Pluton-Saturne de 1982 à 28° Balance. Le cycle s’est renouvelé début 2020, mais l’acmé de la crise interviendra lors des transits de Pluton à 28° Capricorne (au carré avant du cycle précédent), en 2022 et 2023, à l’aube de son entrée dans le Verseau.

Même en France, chantre de l’état social, les structures des services publics ont été repensées dans une logique gestionnaire et sont devenues inadaptées aux humains qui y travaillent et aux fonctions auxquelles elles étaient destinées : la Poste ne s’occupe plus de l’acheminement du courrier mais, devenue aussi une banque, ses guichets au design modernisé, épuisent les usagers démunis et exclus du numérique dans d’interminables files, désespérant un personnel (à majorité féminin) qui ne sait plus au service de qui il travaille. La recherche de rentabilité a épuisé l’hôpital public bien avant la venue de l’épidémie. « On ne traite plus les personnes mais les flux de façon rentable, en organisant l’évaluation et l’orientation des malades tout en diminuant les soins. […] Nous assistons à une véritable ubérisation de la psychiatrie, depuis vingt ans on soigne l’argent, pas les gens [3]! ».

Pluton dans le Capricorne touche toute la croix cardinale et dévoile les dysfonctionnements et les perversions de l’autorité, les mécanismes de domination, les abus de pouvoir et les violences qui s’exercent au sein des institutions sans être dénoncés ou questionnés jusqu’alors par habitus culturel, inertie des structures, consensus interne secret ou tabou social. Deux exemples sont emblématiques : la famille et l’Eglise qui se révèlent encore, en ces années 2020, les institutions au sein desquelles s’exercent le plus grand nombre de violences sexuelles, et les pires d’entre elles : l’inceste et l’abus par personne exerçant l’autorité.

Les femmes, après les combats de libération des années 70 (Pluton dans la Balance) continuent leur lutte contre le harcèlement au travail, les inégalités salariales, les surplus de charge au sein du couple et de la famille par leur assignation à un rôle domestique et maternel, et la difficulté à faire reconnaître les violences sexuelles dont elles sont victimes par les autorités de police et de justice.

Dans nos pays riches, Pluton dans le Capricorne coïncide avec le vieillissement de la population et le développement d’une maladie de la senescence cérébrale encore mal connue, la maladie d’Alzheimer. Puis la mort (encore du ressort du Capricorne), refoulée et ignorée, s’impose aux consciences avec la pandémie mondiale, puis avec la guerre qui se rapproche de nos consciences occidentales protégées.

La crise climatique en cours est fortement révélée par ce transit de Pluton en Capricorne qui touche la croix cardinale, croix de la Terre et croix du monde. Notre écosystème de vie sur Terre est impacté par la surexploitation industrielle des ressources matérielles et la prédation des richesses conduites par les pays occidentaux depuis le XIXe siècle, c’est-à-dire depuis le transit de Pluton dans le Bélier en 1820 (Ascendant de la croix cardinale). Il devient évident que la Terre n’est plus notre jardin d’Eden ni un terrain d’exploitations illimitées : les activités humaines ont une incidence significative et nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l’anthropocène.

Le passage initiatique du Capricorne au Verseau à partir de 2023

Pluton entre dans le Verseau en 2023/24 pour une période de vingt ans. La dernière fois que Pluton est passé du Capricorne au Verseau c’était à la fin du XVIIIe siècle, en 1778, à l’aube de la chute de l’Ancien Régime, de la Révolution américaine et de la Révolution française. Les humains ont alors osé penser le monde autrement et mettre en place de nouvelles institutions après que le passage de Pluton dans le Capricorne ait ébranlé l’ancien régime. Nous étions dans la phase décroissante du grand cycle de Pluton-Neptune, après le siècle des Lumières qui avait éclairé la raison humaine sur la manière de mieux vivre ensemble. Nous sommes en revanche dans une phase très différente du nouveau cycle de Pluton-Neptune débuté en 1892, une phase de confusion des valeurs où infuse le nouveau paradigme, alors que les anciens modèles ne marchent plus et que les nouveaux restent à élaborer.

Le système « naturel » de domination s’effondre ! Ce qui semblait naturel et normal, à un moment donné, se dévoile et tout devient plus clair aux consciences les plus avancées. En fait les niveaux de conscience se sont élevés et voient les défauts, manquements et inadéquations des structures qui jusqu’alors semblaient adaptées… Saturne correspond, au niveau individuel, aux formes que nous donnons à notre vie en fonction de notre élévation de conscience. Au niveau collectif, Saturne correspond aux institutions collectives que nous établissons pour vivre ensemble. La crise vient lorsque la société est en avance sur tous les modes d’organisation qu’elle s’était trouvés auparavant, l’heure est à la révision de ces formes qui n’ont plus de sens ou s’effondrent. Le rôle de Pluton est de les balayer pour qu’elles soient recyclées (Pluton deuxième et troisième maître des Poissons) et qu’on les renouvelle. C’est le rôle du cycle de Pluton avec Saturne tandis que celui de Neptune avec Saturne offre de nouvelles perspectives et idéaux, voire idéologies, et que celui d’Uranus avec Saturne permet à des groupes sociaux d’établir de nouveaux fondements (sur la base d’une conscience commune, que l’on peut nommer à la suite de Charles Vouga : Ames-groupes).

D’aucuns voudraient voir dans ce passage de Pluton dans le Verseau une sorte d’entrée triomphale dans l’ère du Verseau dans laquelle ils se croient déjà, or, comme nous allons le voir, plusieurs étapes sont nécessaires pour sortir de la confusion des valeurs et poser le nouveau paradigme. Ce passage de Pluton en Verseau risque d’abord d’entraîner des déstructurations et des grands nettoyages, à l’image du travail d’Hercule dans le Verseau, consistant à nettoyer les écuries d’Augias, avant de penser et construire des fondements nouveaux, peut-être à partir de 2039/40, lors des premiers carrés Neptune-Uranus ? A moins que les 3 cycles des transpersonnelles avec Saturne n’incitent les plus avancés à éclairer résolument le chemin d’ici 2032 ? Car le renouvellement de nombreux cycles mêmes courts en 2020, et surtout celui de Pluton-Saturne, nous a déjà mis, collectivement et individuellement dans un passage initiatique majeur, préfigurant cette entrée de Pluton en Verseau. Regardons cela de plus près au niveau des cycles.

Pour comprendre ce début de XXIe siècle : focus sur les années 2020 à 2032

Pour bien comprendre ce début du XXIe siècle, outre la position de Pluton, il est intéressant de considérer où en sont les cycles. A partir de 1993 les 5 principaux cycles sont croissants, d’où une sorte de sentiment d’optimisme et de « croissance » habituelle vers un apogée, … qui n’a pas eu lieu. Le passage à l’an 2000 fut décevant et sans perspectives. Un cycle particulier et important n’est pas au rendez-vous, celui qui marque le plus les évènements : le cycle Pluton-Saturne de 1982 du néolibéralisme, que nous avons déjà traité et dont la Pleine-Lune était en 2001, année où l’on a découvert les dégâts des politiques antérieures à travers le boomerang du terrorisme. Ce cycle est entré dans sa phase décroissante jusqu’à son renouvellement en 2020, en même temps qu’un cycle Saturne-Jupiter exceptionnel, et nous devons attendre le renouvellement du cycle Neptune-Saturne en 2026 puis de celui d’Uranus-Saturne en 2032 pour avoir des perspectives, ressentir un élan à nouveau et décoller de la courbe des sextiles qui stagne comme par hasard pour la dernière fois de 2026 à 2032 avant de s’élancer vers les premiers carrés en 2061/65 ! Il sera sans doute temps d’appréhender collectivement le nouveau paradigme de ce cycle Pluton-Neptune.

 

Les 7 principaux cycles de 1940 à 2060 ©

Diagramme des cycles de 1892 à 2140 avec un focus sur les années 2020 à 2032 ©

Les trois cycles de Saturne avec les transpersonnelles se renouvellent entre 2020 et 2032, marquant l’importance de ces années-là, car ils orientent de façon décisive le sens et la manifestation des évènements.

  • Le cycle Saturne-Pluton de 2020 nous a apporté la crise mondiale du Covid-19,

  • Le cycle Saturne-Uranus a connu des carrés décroissants en 2021 qui se prolongent en ce début 2022 entre un Saturne Verseau pris en carré par un Uranus Taureau qui réclament une prise de conscience plus ouverte et universaliste (le Verseau) en même temps qu’une considération concrète et humaine (le Taureau). Il se renouvelle en 2032.

  • Enfin, le cycle Saturne-Neptune de 1989 à 2026, travaille intensément notre monde et sa reconstruction, depuis la chute du mur de Berlin qui a conduit en 1991 sur l’effondrement de l’URSS.

C’est dire le bouillonnement de ces années 2020, débutées lors de la pandémie mondiale, poursuivies par la guerre en Ukraine, travaillées par le réchauffement climatique sur lequel le GIEC nous alerte depuis des années en nous mettant des échéances irréversibles justement à l’horizon 2032.

 

Le cycle Saturne-Neptune (1989-2026) de déconstruction de l’URSS et de reconstruction de la Russie ?

Le cycle Neptune-Saturne de 1917 à 1952 avait accompagné la construction et le développement de l’URSS au début du XXe siècle après la Révolution d’Octobre[4]. Il semble toujours concerner la Russie depuis l’effondrement de l’URSS à partir de la chute du mur de Berlin en 1989 jusqu’à son autoritaire et agressive reconstruction depuis les premiers carrés de 1999.

Dans le nouveau cycle de 1989 (à 2026), comme c’est son rôle, l’URSS, en la personne de Mikhaïl Gorbatchev, s’est donné de nouvelles orientations qu’elle n’a pas réussi à mener à bien du fait de l’accélération de l’histoire (due au périhélie de Pluton en 1989) et du manque du soutien occidental escompté. Elle s’est effondrée avant d’avoir pu alléger son fonctionnement et rendre leur souveraineté à la mosaïque des peuples qui la composait. On peut suivre les étapes de décomposition dans les phases du cycle Pluton-Saturne de 1982 à 2020, et celles de reconstruction dans le cycle Neptune-Saturne.

Voici le déroulé du présent cycle Neptune-Saturne pour le Russie :

  • En 1979, lors du dernier carré du cycle précédent, dans un contexte de guerre froide, l’URSS de Brejnev envahit l’Afghanistan et va s’y enliser pour 10 ans, affaiblissant sa position intérieure et internationale. Dès son arrivée en 1985, Mikhaïl Gorbatchev entreprend une profonde réforme du système soviétique dont la lourdeur bureaucratique empêchait son projet de reconstruction économique (perestroïka). Il initie en même temps la libéralisation du régime en permettant la transparence (glasnost), c’est-à-dire une certaine liberté d’expression et d’information.

  • En 1989, lors du début du cycle, Gorbatchev retire les troupes russes d’Afghanistan et accélère sa réforme politique. Un nouveau congrès de députés est élu au mois de mai par des élections libres pour la première fois en URSS. Il constitue un nouveau gouvernement et mène une politique internationale active, œuvrant à des traités de dénucléarisation avec les Etats-Unis, et se rapprochant significativement de l’Europe qu’il nomme « la maison commune » (le Capricorne, signe du début de cycle). Il participe à la réunification allemande et tente d’éviter le démantèlement de l’URSS en sollicitant une aide financière occidentale qu’il n’a pas obtenu. Il doit faire face à des dissentions intérieures, à un coup d’état de communistes conservateurs, et ne peut empêcher la dislocation de l’URSS qu’il entérine dans un discours à la télévision le 25 décembre 1991. Le soir même le drapeau de la Fédération de Russie est hissé sur le Kremlin. Eltsine devient « le nouveau tsar » selon la formulation occidentale aussi complaisante que méprisante.

  • Lors des carrés croissants de 1998 et 1999, de nouveaux dirigeants s’approchent du pouvoir : Vladimir Poutine remplace Boris Eltsine mêlé à des affaires de fraude et de corruption et déconsidéré. Vladimir Poutine (né en 1952 lors du début d’un cycle Neptune-Saturne justement) et son compère Dimitri Medvedev entreprennent de redresser le pays et de lui faire retrouver sa grandeur avec des méthodes autoritaires, une vision néo-impérialiste plus eurasienne que panslave, profitant des déboires occidentaux pour se positionner de plus en plus au Moyen-Orient.

  • En 2007, à la Pleine Lune du cycle, les élections législatives voient le triomphe du parti de Vladimir Poutine qui assoit durablement son pouvoir. En 2008 la Russie intervient militairement en Géorgie pour éviter qu’un État de plus ne bascule dans le camp occidental.

  • Enfin en 2015, lors des derniers carrés de ce cycle (concomitants aux carrés croissants du cycle thermonucléaire Pluton-Uranus), profitant de la faiblesse des Occidentaux face au conflit syrien, la Russie s’implique pour soutenir le régime criminel de Bachar El-Assad, avec son aviation et ses milices armées, marquant durablement sa présence au Moyen-Orient et son grand retour sur la scène internationale. Après avoir entrepris de reconquérir dans les marges de son ancien empire des lambeaux de territoires au Sud de l’Ukraine : Crimée, Donbass.

  • Le nouveau cycle de 2026 à 1° Bélier, dira l’orientation nouvelle qu’entreprendront la Russie et l’Europe suite aux bouleversements géopolitiques causés par l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Le retour de la guerre en Europe : une crise géopolitique mondiale

Tant il est vrai que seules les crises provoquent des sursauts de conscience et des avancées majeures, sans doute l’Europe amorce-t-elle un tournant en 2022 avec la guerre en Ukraine.

La communion des privilégiés de la mondialisation dans la fièvre consumériste, la croyance illusoire en une fin de l’histoire depuis la chute de l’URSS, le cantonnement des conflits dans un Moyen-Orient martyr et dévasté favorisant l’endormissement démocratique occidental ont masqué les réveils successifs de l’ours russe blessé et l’expression de ses appétits cruels en Tchétchénie (1994 et 1999), Crimée et Donbass (2008 et 2014), Syrie (2015), jusqu’à l’Afrique sub-saharienne à partir de 2014. Lorsque les russes de Vladimir Poutine envahissent l’Ukraine en février 2022, c’est une Europe ahurie qui assiste au retour du tragique dans l’histoire qu’elle croyait avoir enterré à jamais avec les ruines des deux Grande Guerres mondiales.

Voilà de quoi réveiller une conscience européenne bienheureusement endormie. La liberté dont d’aucuns se sentaient privés par les mesures de protection contre le Covid avait tout d’un coup un autre goût, de même que les valeurs démocratiques qui fondent les sociétés occidentales et le monde dit « libre » depuis l’après-guerre. Les réfugiés deviennent soudainement fréquentables et, mieux, on leur ouvre nos frontières, on vient à leur secours, on les accueille, on les choit. Ce que les afflux de réfugiés syriens et d’autres conflits moyen-orientaux et subsahariens n’ont pas réussi à éveiller durablement, devient subitement visible et digne de considération…. Une conscience européenne déchirée par les conflits du XXe siècle et que la construction européenne, à dominante technocratique et à visée essentiellement économique, n’a pas réussi à révéler est en train de se tisser autour de valeurs communes, en réaction à l’agression russe.

La guerre en Ukraine de 2022 met une lumière crue sur le nouvel ordre géopolitique mondial qui peinait à émerger depuis l’effondrement de l’URSS. Après la bipolarité Est-Ouest, voire communisme-capitalisme ou communisme-démocratie, reviennent les spectres des empires et des nationalismes autoritaires, ou autres gouvernances de nature aussi mafieuse qu’oligarchique face auxquelles l’Occident n’oppose jusqu’alors que des formes démocratiques molles ou des discours moraux et incantatoires, pourvu que le business continue.

Au Moyen-Orient, en Afrique, en Russie, en Chine, des populations subissent la loi du plus fort que ce soit de la part de l’Etat – dont on sait depuis Max Weber (1864-1920) qu’il a le monopole de la violence légitime – ou de bandes de mercenaires. On se croirait revenu dans les convulsions de la Renaissance lorsque des armées de mercenaires semaient la terreur dans une Europe morcelée. La perspective astrologique alliée à l’histoire peut nous en donner une vision optimiste si l’on sait que nous sommes dans une période analogue à la Renaissance, mais d’une portée bien plus considérable puisque nous sommes à l’aube de l’ère du Verseau et donc dans une perspective de création d’une unité mondiale autour des valeurs de liberté, équité et fraternité. Alors que le projet du cycle de la Renaissance consistait à créer des états-nations (des états de droit) et à poser des valeurs humanistes.

La Guerre en Ukraine et l’avènement d’une conscience européenne 

L’Europe aurait besoin d’une construction politique et citoyenne pour sortir de sa technocratie. Elle devrait remettre l’humain au centre du dispositif, en répondant à un autre paradigme pour régler la crise, qui ne serait pas de pure nature économique comme actuellement (voilà que l’on parle de guerre économique à la Russie, de réarmement de l’Allemagne), mais de nature sociale, où les droits humains, incluant les besoins sociaux élémentaires, seraient respectés, ce qui ne l’est plus actuellement.

On a attendu du président Hollande, élu en 2012, une sorte de New Deal à la française. Emmanuel Todd avait prophétisé lors de l’élection de 2012 : « Hollande sera un géant ou un nain, selon comment il gérera la crise ». Nous avons la réponse et une succession dans la même tonalité avec Emmanuel Macron qui fut son chef de cabinet et son ministre des finances. Ce dernier ne réussit pas à convaincre l’Europe de l’utilité de construire une souveraineté commune. Jusqu’à la grave crise d’Ukraine de février 2022 qui trouve la France en présidence tournante de l’Union Européenne et réveille l’Europe de sa molle léthargie démocratique. L’émotion suscitée par le retour de la guerre en Europe est en train de créer un immense sentiment d’appartenance européenne. Depuis 1989 l’Allemagne a réussi à se réunifier, l’Europe à se construire vers l’Est, alors que l’URSS s’est effondrée et que ses anciennes républiques européennes ont majoritairement quitté son giron. L’Ukraine personnalise désormais le point de friction entre l’Europe et la Russie qui ne renonce pas à sa part historique européenne et qui se sent menacée dans son intégrité eurasienne par les avancées de l’Occident à travers l’OTAN. Un conflit Est-Ouest se joue à nouveau en Europe menaçant de recréer une guerre froide et d’ériger un nouveau rideau de fer… L’Ukraine risque d’être engloutie dans la zone d’influence russe, ou de connaître une partition entre l’Est et l’Ouest comme jadis l’Allemagne et le Dniepr pourrait faire office de frontière naturelle[5]. Les Européens sont comptables d’un terrible aveuglement à l’égard de la Russie qui s’est sentie, après l’effondrement de L’URSS en 1991 (il y eût tout juste trente ans à Noël 2021), aussi blessée et humiliée que l’Allemagne par le traité de Versailles en 1919, et alors que l’Alliance Atlantique que l’on disait en état de mort cérébrale avait pourtant gagné les rives de la Baltique et s’était approchée dangereusement de la Russie, sans qu’aucun traité solide ne garantisse une zone de sécurité. Comment ne pas avoir tiré des enseignements de l’histoire quand on sait ce qu’a donné le ressentiment du peuple allemand dans les années vingt et trente ? Au-delà d’une nouvelle guerre froide, le jeu des alliances peut engendrer une plongée dans l’abime comme en 1914 !

Crise identitaire et vertige d’effondrement ? 

« La recherche d’identité remplace la foi, avec dans quelques cas tragiques une violence radicale qui doit plus à la sociologie qu’à la théologie. Dans le monde entier, nous observons les mêmes stratégies identitaires, basées sur la nation ou la religion, réactions angoissées à une vision de la société dans laquelle l’individu existe, avec ses droits, en dehors de toute communauté politique particulière, sans intermédiaire légitime entre lui et la planète. […] Accablés d’universel, nous sommes de plus en plus assoiffés de particulier. Effrayés par l’univers rationnel de la mondialisation, nous nous replions sur la nation, la race, la religion. Nous refaisons, à deux siècles de distance, le chemin que parcoururent les romantiques en réaction à l’âge des Lumières. Nous voulons des différences. Nous cherchons des limites qui nous bornent, géographiquement, politiquement, moralement[6]. »

Cette référence au précédent cycle Neptune-Uranus de 1820, est intéressante. Avec le nouveau cycle de 1993 en Capricorne (que nous pouvons repérer sur le schéma des cycles) il semble que nous vivions également une époque de recherche de limites.

En Occident où l’individu est roi, où la liberté individuelle est le fondement même de la plupart des démocraties, le passage du Capricorne représente un seuil critique qui entraîne deux tendances très opposées selon l’âge d’évolution de chaque individu: une volonté ferme d’aller de l’avant et de bâtir un nouveau monde fraternel avec les autres (l’appel du signe suivant du Verseau), la peur de s’affronter à un monde inconnu et menaçant, de perdre le contrôle, d’être submergé par les autres et les puissances collectives, de ne plus être en sécurité, parce que l’état de la construction individuelle (Saturne) n’est pas assez solide pour se confronter aux autres. Le risque étant l’incompréhension et la séparation radicale entre les tenants des deux attitudes.

Le retour d’idéologies rances, nostalgiques d’un passé glorieux fantasmé est la conséquence d’un refus de grandir et d’évoluer. L’Occident et son système démocratique serait-il pris d’un vertige d’effondrement depuis qu’il a perdu son meilleur ennemi, le système communiste ? Pendant que d’autres, tels les passagers de première classe du Titanic, profitent jusqu’aux derniers moments des délices réservés aux privilégiés. A l’image des ultras-riches goutant dans des salons feutrés de Moscou des cocktails offerts par les géants mondiaux du luxe pendant que les troupes russes envahissent l’Ukraine en février 2022. L’irruption de cet adversaire inattendu qui se réclame aussi violemment d’une appartenance européenne apportera-t-elle un sursaut de conscience ? Ou partirons-nous la fleur au fusil comme en 14 ?

Ce qui se cherche assurément à plus long terme dans ce grand cycle Pluton-Neptune de 1892 à 2385 c’est, sinon la fin, du moins la relativité des polarités Est-Ouest, car chaque peuple du globe a son Est et son Ouest et ce qui est l’Est de l’un est l’Ouest de l’autre. Un vaste mouvement unitaire est mondialement enclenché et l’Occident ne sera plus le centre du monde mais un centre comme un autre, à égalité avec ses voisins des quatre directions !

*

[1] La titrisation est la transformation des créances détenues par une banque en titres négociables.

[2] Jean-Marie Guéhenno, Le premier XXIe siècle, De la globalisation à l’émiettement du monde.

[3] Mathieu Bellahsen, La Révolte de la psychiatrie, les ripostes à la catastrophe gestionnaire, Editions la Découverte 2020. Article du journal Libération du 4 octobre 2021.

[4] Voir dans la publication à paraître prochainement : « Astrologie Science de la Conscience tome 1 : Les grands cycles de civilisation : Le cycle Saturne-Neptune de la Révolution Russe de 1917 à 1952.

[5] Voir mon précédent article : « 2014 à la source du conflit ukrainien ».

[6] Jean-Marie Guéhenno, op. cit. p. 324 et 325.

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Le 07/03/2022.

3 réflexions sur “De l’effondrement de l’URSS à la guerre en Ukraine : Quelle période vivons-nous ?”

  1. Ouaouh ! Je suis scotchée, éclairée, remuée par cette analyse astrologique de la crise que mondiale que nous traversons. Merciiii de tout ❤

  2. Oui, c’est un superbe article, qui nous fait comprendre que cette crise mondiale ne date pas d’aujourd’hui. En tout cas Merci pour la compréhension claire net et précis.

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